Animation communautaire et blogs : le complément santé de l’entreprise

Pour réagir à une note postée sur le site dédié au livre Rss, blogs un nouvel outil pour le management :
« Cette nouvelle liberté d’expression […] présente aussi l’énorme avantage (en tout cas pour les blogs professionnels) de pouvoir être indexée par les moteurs de recherche. »
Un avantage certes, mais si et seulement si un véritable travail d’animation communautaire est réalisé en aval, pour nourir ensuite l’émission de nouvelles notes. Et ce afin de relayer les points positifs, réagir, parfois se défendre, face à certaines attaques. En gardant à l’esprit que faute avouée est à demi pardonnée.
L’avantage de l’indexation peut se révéler être un véritable poison si l’on ne veille pas. Un prospect potentiel pourra retrouver des critiques à l’encontre de l’entreprise. L’Internet a beaucoup plus de mémoire que chacun d’entre nous. Si les critiques ne sont pas commentées, désamorcées par l’entreprise elle-même, ou par ses clients fidèles (ce qui est un complément idéal), l’effet peut être très néfaste. La réputation de l’entreprise peut être irrémédiablement écornée.
« A quand les premiers gestionnaires de communauté… » : il en existe dores et déjà !!
Nous sommes en France, gardons en mémoire :

  • que le marché principal est constitué par des entreprises de moins de 10/15 personnes (soit 80/85% de l’emploi en France),
  • que le conseil est encore souvent vécu en France comme un aveu d’échec et ne jouit par conséquent pas du même à priori positif que dans les pays anglo-saxons par ex.,
  • que les budgets sont faibles ou inexistants ; ils seront débloqués le jour où l’entreprise sera confrontée à une crise. A ce momentle mal est souvent déjà fait malheureusement.

Certaines industries particulièrement concernées (jeux vidéos, acteurs du web par ex.) l’ont parfaitement intégré dans leurs budgets marketing, mais il reste encore beaucoup de travail d’évangélisation à effectuer. Nombre d’interlocuteurs ne mesurent pas complètement l’étendu des possibles qui s’offre à eux. Les bénéfices qu’une entreprise peut retirer en initiant une démarche pro-active à ce niveau en deux exemples :

  • la dimension stratégique : le travail de récolte, d’analyse et finalement d’écriture* alimente la réflexion stratégique de l’entreprise. C’est au contact des ses clients finauxcomme de ses adversaires les plus farouches que l’entreprise pourra mettre en oeuvre une stratégie marketing générale (bien sur déclinée et adaptée en fonction de ses produits, clients etc.) . Il lui faudra aussi construire des scénarii pour prévoir des axes de travail dans tel ou tel cas (réaction à une attaque ou au contraire rétribution d’un évangélisateur par ex.). En fin de compte, ce cadre stratégique devra être suffisamment souple pour être capable d’accueillir une dimension plus tactique ;
  • la dimension tactique : l’entreprise est critiquée, il est nécessaire de réagir rapidement, de façon mesurée. L’entreprise pourra alors s’appuyer sur ses bons clients (témoignages…) et sur sa vérité marketing. Attention cette vérité est différente de celle du marché. A ce sujet je vous renvoie vers les écrits de Seth Godin lorsqu’il commente le Cluetrain Manifesto : les marchés sont des conversations, pas le marketing ! Le marketing n’est que votre vision des choses, et tant mieux si c’est vrai ! 😉

* Ecrire demande un travail de synthèse et de mise au clair des idées, c’est un exercice en soi. La capacité à écrire montre que le sujet est maitrisé, puisqu’il faut organiser ses idées.
Ps : je suis très curieux de lire le livre, et ce léger retard de parution aurait plutôt tendance à me faire trépigner d’impatience 🙂